Théâtre


Biedermann et les incendiaires

Mise en scène : François Rancillac, 2005

De Max Frisch
Mise en scène : François Rancillac

Dramaturgie : Frédérique Révérand
Scénographie : Raymond Sarti
Costumes : Sabine Siegwalt
Lumière : Marie Christine Soma
Son : Michel Maurer
Avec :
Louis Bonnet, Jonathan Couzinié, François Font, Shams El Karoui, Jean-Pierre Laurent, Françoise Lervy
et un choeur constitué de comédiens amateurs stéphanois

Réalisation des décors : Ateliers de la comédie.
Production Comédie de Saint Etienne CDN/ TNS Strasbourg/ Théâtre du Nord Tournée Nationale 2005.


Portfolio

Comédie satirique Expressionnistes par leurs situations et leurs personnages, les comédies amères et pessimistes de l’écrivain suisse Friedrich Dürrenmatt développent une satire de l’époque contemporaine en empruntant souvent l’aspect de la fable symbolique, de la parabole ou de la moralité (la Visite de la vieille dame, 1955). Son compatriote Max Frish, admirateur de Bertolt Brecht, témoigne, dans ses pièces, d’une indifférence presque totale à la psychologie, à l’atmosphère, à l’étude des moeurs ; ses pièces sont des farces ou des satires du monde moderne et de ses mécanismes. Dürrenmatt et Frisch tentent tous deux d’illustrer les phénomènes de masse dans un théâtre qui reprend intentionnellement la parabole brechtienne, mais en la privant de toute conclusion idéologique.Biedermann et les incendiaires fut écrit au milieu des années 50 par Max Frisch, principalement connu pour son traitement des thèmes de l’identité et de la culpabilité. Prenant pour cible la bourgeoisie libérale, la pièce Biedermann et les incendiaires nous révèle, par le biais de la satire, comment le conformisme, les mécanismes de répression et le désir de compromis peuvent mener à l’anéantissement d’un individu et de toute une société. Le principal message de « cette pièce didactique sans doctrine », tel qu’indiqué dans le sous-titre, peut s’appliquer à de multiples facettes de la vie en société. Les diverses interprétations de Biedermann et les incendiaires vont de la parabole sur le troisième Reich en passant par une satire du déclin de la classe moyenne (prête à tous les compromis) ou une mise en garde face à la menace d’une guerre nucléaire.

Max Frisch à propos de Biedermann et les incendiaires.

« Je considérerais ma tâche de dramaturge comme pleinement accomplie si l’une de mes pièces parvenait à poser la question de telle manière que les spectateurs n’arrivent plus désormais à vivre sans trouver la réponse – leur réponse, leur propre réponse, qui ne peut être trouvée que dans la vie même. » Max Frisch Journal (1946-1949) Extrait du Journal de Max Frisch « Un beau matin, un homme, un inconnu, entre chez toi, tu ne peux pas faire autrement, tu lui offres un potage et du pain. Car l’injustice que, selon son récit, il a subie est indéniable, et tu n’aimerais pas qu’il se venge sur toi. Et, un jour, cette injustice sera vengée, dit l’homme, voilà qui ne fait pas de doute. En tout cas, tu ne peux pas le renvoyer, tu lui donnes du potage et du pain, je le répète, et même plus que cela, tu lui donnes raison. D’abord par ton seul silence, puis en faisant signe de la tête, enfin en paroles. Tu es d’accord avec lui, car, ne l’étais-tu pas, il te faudrait pour ainsi dire avouer que, toi-même, tu commets une injustice, ce qui t’amènerait peut-être à avoir peur de lui. Mais tu ne veux pas avoir peur. Tu ne veux pas non plus changer quoi que ce soit à ton injustice, car cela aurait trop de conséquences. Tu veux la tranquillité et la paix, et basta ! Tu tiens à avoir l’impression d’être un homme bon et correct, et ainsi tu ne peux pas faire autrement que de lui offrir aussi un lit, puisque le sien, comme tu viens de l’apprendre, il l’a perdu par une injustice. » Extrait de Max Frisch, Journal, (1946 - 1948) , P : 212-217 de l’édition en français Court texte extrait du journal que Max Frisch tient en 1948. Il donne la première préfiguration de Biedermann et les incendiaires que l’auteur publiera dix ans plus tard…

Extraits de notes scénographiques.

L’accumulation, la pacotille, le toc, le futile, l’illusion, les décors en carton-pâte, le dérisoire.
La fortune de Biederman accumulé sur la vente de flacons de shampoing, la bourgeoisie de province, le capitalisme…
Et puis les incendiaires qui surgissent de nulle part, comme des rats, qui gangrènent l’espace de vie de Biederman.
Le théâtre et la hantise du feu, et si tout flambait…
Si tout cette vie et cette représentation théâtrale flambaient !!... Pyromane !
La peur, la peur de tout perdre, la peur de s’être tromper dans ces choix de vies, voilà ce qu’est Bierderman et les incendiaires.

La scénographie prendrait en compte cela, la pacotille, l’embrasement possible des illusions.
Une scénographie tout en carton, constituée en carton d’emballages bruts…. L’accumulation dérisoire, poétique, dramatique, puis l’explosion, l’enfer…
Puis l’effondrement…le chaos.


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